Une recette de salade de tomates à la provençale. C’est par là que j’ai expliqué les skills Claude à un groupe de dirigeants la semaine dernière. Pas par un schéma technique. Par une recette de cuisine.
Parce que c’est exactement ça, une skill. Et non, ce n’est pas réservé aux développeurs.
Le problème : vous avez un cerveau surdoué qui ne connaît rien de vous
Claude sans skill, c’est un outil brillant et générique. Un QI de 140-150, autant le dire. Mais il ne sait rien de votre métier, de vos process, de votre façon de faire.
Moi, je sais faire une salade de tomates à l’herbe de Provence qui fait que tous mes proches me la réclament. Cette recette, si je la donne à Claude, il peut la répliquer à l’infini. C’est ça, une skill : un mode d’emploi que vous transmettez une fois, et que Claude applique ensuite en boucle, sans jamais dévier.
Le problème, ce n’est pas l’outil. C’est que personne ne lui a donné votre recette.
Vous rédigez des mails de relance à la main depuis des mois. Vous refaites la même structure de lettre de mission à chaque nouveau client. Vous cherchez la même jurisprudence, dossier après dossier. Tout ça, c’est une recette. Et une recette non transmise, c’est du temps jeté par la fenêtre.
Comment ça marche concrètement : deux façons de créer une skill
1. Depuis une conversation qui a bien fonctionné
C’est la méthode la plus naturelle. Vous avez un échange avec Claude qui vous a plu, un processus qui a tourné rond. À la fin, vous lui dites simplement : “Je veux que tu crées une skill à partir de ça.”
Exemple réel, testé avec un cabinet d’avocats. Le dossier : une salariée licenciée qui attaque son employeur aux prud’hommes. On a demandé à Claude de reconstituer la chronologie des faits à partir des pièces du dossier — évaluations positives, lettre de licenciement, échanges internes.
Résultat : Claude a identifié qu’on était face à une insuffisance professionnelle, pas une faute grave. Nuance juridique énorme — l’une justifie un licenciement, l’autre pas forcément.
On est allés plus loin : on lui a demandé d’aller chercher sur Légifrance des décisions de jurisprudence similaires, avec des liens directs vers les arrêts. Cour de cassation, 17 septembre 2025, décisions comparables sourcées et vérifiables.
À la fin de l’échange, une seule phrase a suffi : “Je veux que tu crées une skill par rapport à ça.” Claude a créé la compétence “Recherche de jurisprudence” toute seule. Depuis, chaque nouveau dossier suit ce même processus, sans qu’on ait besoin de tout réexpliquer.
Et la skill continue d’évoluer. On est revenus dans la même conversation pour ajouter : “Je veux que tu ajoutes la création d’un mail pour la cliente, avec les liens Légifrance en pièce jointe.” Claude a généré le document Word ET a mis à jour la skill en conséquence. Une compétence, ça se perfectionne dans la durée. Ce n’est pas figé.
2. Créer une skill à partir de zéro
Deuxième méthode : vous partez d’une page blanche. Vous allez dans Personnaliser, vous cliquez sur “Créer avec Claude”, et vous dictez ce que vous voulez.
J’ai testé ce scénario en direct : “Quand je reçois un mail, regarde dans mon calendrier si j’ai un rendez-vous avec cette personne, vérifie la description du rendez-vous, et réponds au mail en conséquence.”
Ce qui est intéressant ici, ce n’est pas la demande. C’est la réaction de Claude.
Il n’a pas commencé à rédiger. Il a posé des questions. Quel est le déclencheur exact ? Comment identifier la bonne personne ? Livrable : un brouillon à valider, ou un envoi direct ? Et surtout — cas non prévu au départ — que fait-on s’il n’y a pas de rendez-vous dans le calendrier ? Réponse générique, ou on attend une validation ?
Ça, c’est le signe d’un bon outil de création de skill. Pas un générateur qui invente à votre place, un assistant qui creuse jusqu’à ce que le process soit clair, quitte à vous faire préciser ce que vous n’aviez pas anticipé vous-même.
Ce qui compte vraiment : la personnalisation
Une skill que je vous donne toute faite, elle a une valeur limitée. Je publie régulièrement des skills prêtes à l’emploi, et elles rendent service. Mais la vraie puissance, c’est quand la skill part de vous. De votre contexte, de votre métier, de votre façon de traiter les dossiers.
Un cabinet comptable et un cabinet d’avocats n’ont pas la même lettre de mission. Un courtier immobilier et un géomètre-expert n’ont pas la même chronologie de dossier. La skill générique, elle dépanne. La skill personnalisée, elle remplace des heures de travail répétitif chaque semaine.
Ce qu’il faut retenir
Si vous répétez un processus pour la troisième fois cette semaine, c’est le signal. Arrêtez de le refaire à la main.
- Repérez la recette — le mail type, la lettre de mission, la recherche juridique récurrente
- Faites-le une fois avec Claude, en lui expliquant votre logique
- Demandez-lui de la transformer en skill dans la même conversation
- Affinez au fil des dossiers — une skill n’est jamais figée, elle se corrige et s’enrichit
Ce n’est pas de la magie. C’est de la délégation bien faite, avec un collaborateur qui ne se fatigue jamais et qui applique votre méthode à la lettre — la vôtre, pas une méthode générique sortie d’un tutoriel.
Aujourd’hui, un professionnel qui maîtrise ça avance avec la capacité de deux ou trois personnes. Ceux qui ne s’équipent pas encore prennent du retard sur ceux qui le font déjà — et la vague ne va pas ralentir pour les attendre.
Vous avez un process qui vous bouffe du temps chaque semaine et vous ne savez pas par où commencer pour le transformer en skill ? On en parle 30 minutes, sans blabla. Calendly