Deux heures. C’était mon tarif interne pour sortir une propale propre : structurer, reformuler les besoins du client, remettre la mise en page d’aplomb, relire, envoyer.
Aujourd’hui : cinq minutes.
Et non, je ne vais pas vous vendre du rêve. On ne part pas d’une page blanche avec une baguette magique. On part de ce qu’on a déjà — les visios, les vocaux, les mails, les notes prises pendant l’appel — et on croise tout ça pour produire un document qui parle à la fois de notre marque et du client en face.
C’est ça, la vraie bascule. Pas “l’IA écrit à ma place”. Plutôt : “l’IA arrête de me faire retaper trois fois ce que je sais déjà”.
[IMAGE : capture de l’interface du générateur de propales, fond sombre, dégradé bleu → magenta]
Le vrai problème n’est pas la rédaction. C’est la redite.
Posons le décor honnêtement. Quand vous mettez deux heures sur une propale, vous ne passez pas deux heures à réfléchir. Vous passez dix minutes à réfléchir et une heure cinquante à recopier.
Vous recopiez votre positionnement. Vos références. Votre méthodo. Vos tarifs. Vos conditions. Et surtout, vous reformulez à la main ce que le client vous a dit il y a trois jours au téléphone — alors que ses mots exacts sont déjà quelque part, dans une transcription ou dans vos notes.
Le constat, la partie qui compte vraiment dans une propale, c’est celle où vous nommez précisément la douleur du client. Pas “vous souhaitez gagner en efficacité”. Non. “Votre cabinet gère manuellement des tâches RH répétitives, et chaque heure passée sur l’administratif est une heure de moins sur le conseil à valeur ajoutée.”
Ça, ce n’est pas de l’invention. C’est ce qu’il vous a dit. Il suffit de le lui renvoyer proprement.
Vous savez quoi ? Le client qui lit une propale où il se reconnaît mot pour mot signe beaucoup plus vite que celui qui lit une brochure.
Méthode 1 : se coder son propre générateur
La première méthode, c’est celle que j’utilise au quotidien. J’ai créé de A à Z une petite application aux couleurs de The French Bot. Un formulaire, des onglets, et un document final de dix à onze pages, structuré.
Concrètement : je saisis le nom du cabinet, l’interlocuteur, sa fonction, le secteur, la ville, l’effectif, le numéro de référence de la propale. Deux minutes de saisie.
Puis vient la partie intéressante. Le bloc “constat”. Soit je l’écris à la main, soit je colle brut mes notes d’appel et je clique sur la fonction IA. En quelques secondes, mes notes en vrac deviennent un constat structuré, avec les enjeux nommés, les objectifs hiérarchisés, la phase d’audit, la phase de formation, le suivi.
Sur un appel récent avec un cabinet comptable, ça a donné trois axes : automatiser les tâches RH répétitives, réduire les interruptions internes en donnant aux collaborateurs un point d’entrée direct plutôt que de faire perdre du temps à toute l’équipe, et garder la maîtrise des données en interne.
Je n’ai rien inventé. Il me l’avait dit. L’outil a juste arrêté de me faire le retaper.
C’est ma méthode préférée, et de loin. Mais soyons raccord : elle demande de mettre les mains dans le code — ou au moins d’accepter de se faire aider pour ça.
[IMAGE : le bloc “constat” avant/après, notes brutes à gauche, texte structuré à droite]
Méthode 2 : la skill, ou la recette de cuisine
Deuxième méthode, plus accessible : les skills.
Une skill, c’est une recette de cuisine. Vous savez faire les œufs en meurette mieux que personne ? Vous écrivez la recette une bonne fois, avec vos proportions, votre tour de main, vos secrets. Ensuite, Claude peut la refaire autant de fois que vous voulez, à l’identique.
Appliqué à une propale : la skill connaît qui vous êtes. Prenons un courtier en immobilier. Elle sait que vous travaillez à Dijon, que votre commission est de 5 %, que vous êtes plutôt orienté bâtiment, que vos documents ont telle structure et tel ton.
Vous lui donnez trois lignes : “Client Stéphane Onfleur, 250 000 € d’acquisition à Dijon, 30 000 € d’apport.”
Et elle sort le document complet. Mensualité cible à 1 431 €. Taux d’endettement à 29 % — ça passe, on est sous les 35 %. Un comparatif de taux par banque. Et même un simulateur : vous baissez le montant emprunté, les mensualités suivent en direct.
Et si un chiffre ne vous plaît pas ? Vous le dites en français. “Le taux du Crédit Agricole est plutôt autour de 3,35 %, corrige-moi ça. Et mets un fond blanc.” C’est fait.
Les skills sont arrivées il y a quatre ou cinq mois. Tous les jours il sort une nouvelle fonctionnalité — vous pouvez désormais enregistrer votre écran et faire automatiser une tâche que vous lui montrez, simplement.
Plus vous attendez pour vous y mettre, plus l’écart sera dur à rattraper.
[IMAGE : proposition commerciale courtier générée, avec le simulateur de mensualités]
Méthode 3 : le projet. Celle que j’aime le moins.
Troisième option : créer un projet dédié. Vous le nommez “Générateur de propositions commerciales”, vous y déposez trois ou quatre propales que vous avez déjà faites et que vous aimez bien, vous écrivez vos instructions dans le projet.
Ensuite, chaque nouvelle conversation dans ce projet part avec tout ce contexte en mémoire.
Je vais être honnête : c’est ma méthode la moins préférée. Moins de contrôle sur le format final, plus de variabilité d’une génération à l’autre.
Mais elle a un mérite énorme. C’est la seule des trois que vous pouvez mettre en place cet après-midi, sans une ligne de code et sans savoir ce qu’est une skill. Pour beaucoup de business, c’est déjà 80 % du gain.
Commencez par là si vous partez de zéro.
Le sujet RGPD : arrêtons l’hypocrisie deux minutes
C’est LA question qu’on me pose à chaque formation, chaque séminaire. “Oui mais mes données, elles partent où ?”
Réponse directe : Claude et ChatGPT sont parfaitement compatibles RGPD. Quand vous prenez un plan Team ou entreprise, vous êtes largement en règle. Point.
Maintenant, la nuance que personne ne pose correctement : le Cloud Act américain. Si un juge américain demande à une société américaine des informations, cette société n’a pas le choix. Elle s’exécute.
Et c’est là que ça devient intéressant. Parce que ce constat vaut aussi pour Outlook. Pour SharePoint. Pour votre Drive. Pour à peu près tout ce que vous utilisez déjà tous les jours sans jamais vous poser la question.
Alors arrêtons l’hypocrisie.
Ça ne veut pas dire qu’il n’y a rien à faire. On accompagne aujourd’hui des boîtes qui tournent sur des modèles open source, sur des machines en interne, et qui ne partagent plus rien avec le cloud. C’est faisable, c’est même souvent la bonne réponse pour certains métiers sensibles.
Mais que ce soit un choix technique lucide, pas un prétexte pour ne rien faire pendant trois ans.
[IMAGE : schéma simple — où partent vos données selon l’outil, France / USA / local]
L’écart se creuse, et il se creuse vite
Je vais vous donner mon avis tranché, celui que je répète à chaque session.
L’intelligence artificielle, ce n’est pas Internet. C’est plus fort qu’Internet. On est plutôt de l’ordre de l’arrivée de l’électricité.
C’est énorme.
Concrètement, sur le terrain, voilà ce que je vois. Celui qui prend ces outils en main génère plus de chiffre d’affaires. Il est plus réactif. Il propose des livrables à plus forte valeur. Et mécaniquement, il vous prend vos clients — pas d’un coup, mais en grignotant, dossier après dossier.
Les cabinets d’experts-comptables qui ne bougent pas ? Ils vont péricliter. Il ne faut pas se mentir. Ce que je vois faire aujourd’hui dans Excel avec un cabinet équipé, comparé à un cabinet qui ne l’est pas, c’est tout simplement ahurissant.
Ce n’est pas une prédiction de conférence. C’est ce que je constate mois après mois entre deux clients du même secteur, dont l’un s’est équipé et l’autre pas.
Ce qu’il faut retenir, et par où commencer
Pas de conclusion vague. Voilà les actions, dans l’ordre.
1. Arrêtez de rédiger vos constats à la main. Vos appels contiennent déjà les mots exacts de votre client. Récupérez-les, transcrivez-les, réutilisez-les. C’est le gain le plus immédiat et le moins technique de toute cette histoire.
2. Choisissez UNE méthode selon votre niveau. Vous débutez ? Le projet, cet après-midi. Vous êtes à l’aise avec Claude ? La skill, ce week-end. Vous voulez un vrai outil interne pour toute l’équipe ? L’application sur mesure — et là, on en parle ensemble.
3. Documentez votre recette avant de l’automatiser. La skill ne fait pas de miracle : elle reproduit ce que vous savez déjà faire. Si votre propale actuelle est molle, vous allez industrialiser une propale molle. Écrivez d’abord la bonne version.
4. Gardez la main sur le résultat. On automatise tout en gardant l’humain dans la boucle. Vous relisez, vous corrigez le taux, vous ajustez le ton. Cinq minutes de génération, deux minutes de relecture. Pas zéro.
5. Ne vous perdez pas si vous ne savez pas par où commencer. C’est exactement pour ça qu’on fait des audits : on passe derrière vos écrans, on regarde vos flux réels — les demandes clients qui s’empilent, la personne aux RH qui croule sous 1 000 candidatures — et on vous sort un plan d’action sur 6 à 8 mois. Pas une liste d’outils à la mode.
La barrière aujourd’hui, ce n’est plus la technique. C’est ce que vous avez en tête, votre expertise, et la façon dont vous vous projetez dans les deux ans qui viennent.
C’est maintenant ou jamais.
Deux dates de formation Claude à venir : le 12 août et le 9 septembre. Équipe de 5 à 10 collaborateurs, format sur mesure, ou coaching individuel — on s’adapte.
Si vous voulez qu’on regarde ensemble ce qui est automatisable chez vous, sans langue de bois : 30 minutes au téléphone.
Et chaque semaine, je décrypte ce genre de sujet dans la newsletter. Du concret, rien d’autre.