99,9 %.
C’est le score qu’OpenAI revendique pour GPT-6 Astra sur ARC-AGI-3, un test de raisonnement abstrait où la génération d’avant plafonnait à 7,8 %. Pas 10 % de mieux. Pas le double. Douze fois plus.
Et pourtant, dans mon tout premier test, c’est Claude qui a rendu sa copie pendant qu’Astra était encore en train de réfléchir.
Deux jours de tests. Cinq exercices. Les deux forfaits à 20 dollars, côte à côte, mêmes prompts, mêmes conditions. Voilà ce que j’ai vu — et ce que ça change concrètement pour votre cabinet, votre agence ou votre boîte.
Astra, c’est du sérieux. Vraiment.
Posons le décor honnêtement, parce que je n’ai pas envie de jouer les blasés.
GPT-6 Astra est sorti début septembre. C’est le modèle le plus puissant qu’OpenAI ait mis entre les mains du public, et c’est aussi le premier que la boîte classe elle-même au niveau de risque maximal en cybersécurité — au point de retarder le lancement pour renforcer ses garde-fous. Quand un éditeur freine sa propre sortie commerciale, ce n’est pas du marketing.
Sur le papier, les progrès sont réels : pilotage d’ordinateur, code, raisonnement long, hallucinations en forte baisse. Ce n’est pas une mise à jour cosmétique.
Petit détail qui a son importance : au moment où je teste, Astra ne se trouve pas dans le chat classique. Il faut basculer dans le mode Work. Si vous ouvrez ChatGPT et que vous ne le voyez pas, c’est normal — vous cherchez au mauvais endroit.
La règle du jeu : 20 dollars contre 20 dollars
Côté Claude, j’ai volontairement joué avec Opus 5.
J’aurais pu monter en gamme et sortir Fable 5. J’aurais eu un massacre dans un sens ou dans l’autre, et surtout un test qui ne vous sert à rien. Fable 5 consomme des crédits, coûte cher, et le comparer à Astra revient à opposer une berline de série à une voiture de course. Ce n’est pas votre réalité de dirigeant.
Alors même forfait, même budget, même ordre de grandeur. 20 dollars par mois d’un côté, 20 dollars par mois de l’autre. C’est le vrai terrain de jeu de 95 % des entreprises que j’accompagne.
Cinq épreuves : esprit critique, rédaction sous contrainte, demande floue transformée en plan, code, création d’image.
Test 1 — L’esprit critique : qui ose me contredire ?
Le prompt : « Dans 5 ans, 80 % des tâches réalisées aujourd’hui par les salariés de bureau seront automatisées par l’IA. Analyse cette affirmation. Distingue ce qui est plausible, ce qui relève de la spéculation, et ce qui serait nécessaire pour que ça se réalise. »
Un piège classique. Une affirmation gonflée, servie avec assurance. Est-ce que la machine me caresse dans le sens du poil ou est-ce qu’elle me recadre ?
Première observation, brutale : Claude a répondu avant même qu’Astra ait fini d’annoncer son plan de travail. Sur la vitesse pure, il n’y a pas de match. Astra prend son temps, expose sa démarche, déroule. C’est peut-être plus rigoureux. C’est surtout plus lent.
Sur le fond, les deux refusent le piège, et bien.
Astra parie contre la prédiction à l’échelle de l’ensemble des salariés, et fait une distinction que je trouve chirurgicale : automatiser 8 minutes sur une tâche de 10 minutes, ce n’est pas automatiser 80 % du travail. Il enchaîne sur des données terrain, comme cette hausse d’environ 15 % de problèmes résolus par heure chez des agents de support assistés par IA.
Claude, lui, tranche en trois temps : l’affirmation est fausse au niveau macroéconomique, à peu près vraie pour une minorité d’acteurs, et structurellement invérifiable. Son meilleur argument en faveur de la prédiction : le coût marginal, devenu ridicule. Sa position finale : ça ira plus lentement que prévu.
Match nul, et deux copies solides.
Mon avis de terrain sur ces fameux 80 %
Les deux modèles ont raison, mais ils ratent la partie humaine.
La technologie va vite. La société, non. Internet est partout depuis vingt-cinq ans, et il y a encore des gens qui ne l’utilisent quasiment pas. Ce n’est pas un problème d’outil. C’est un problème d’adoption.
Et non, l’IA ne va pas entrer toute seule dans les entreprises.
Ce que je constate, cabinet après cabinet : les vrais gagnants, ce sont les petites structures. TPE, PME, indépendants. Pas parce qu’elles sont plus malignes, mais parce qu’elles sont agiles. Pas de comité, pas de DSI, pas de six mois de validation. Le dirigeant décide le mardi, l’outil tourne le jeudi.
Les gains ? Sur les gens que j’accompagne, on est réellement à deux heures par jour. Sur ma propre journée, entre le montage vidéo, les scripts et la production, je suis plutôt à trois. Faites le calcul sur un an.
Pendant ce temps, les beaux parleurs continuent d’annoncer la fin de l’emploi pour dans deux ans. Permettez-moi de rire. Les outils ne sont pas encore complètement matures, et surtout, une bonne partie de vos collaborateurs n’y touchent pas.
Test 2 — Le mail sous contrainte : Astra passe devant
Deuxième épreuve : rédiger une relance à un prospect, avec un cahier des charges strict. Objectif, contraintes de ton, longueur imposée. Est-ce que le modèle respecte les instructions ou est-ce qu’il fait ce qu’il veut ?
Astra sort un mail court, factuel : rappel de la proposition à 4 500 € envoyée dix jours plus tôt, une question ouverte pour débloquer la réflexion, une mention discrète que d’autres projets se confirment.
Claude joue une autre carte : « Vous avez reçu ma proposition il y a une dizaine de jours. Le sujet est passé derrière d’autres priorités, ou le moment n’est pas le bon. Les deux se comprennent. Je bloque mes créneaux d’accompagnement pour les prochaines semaines. Je préfère savoir s’il faut que j’en réserve un pour vous. »
Techniquement, c’est bien écrit. C’est même plus vendeur.
Mais c’est plus agressif. Et à un prospect tiède, ce ton-là ferme des portes.
Je préfère la version d’Astra, plus légère. Point pour ChatGPT — étant entendu que ça se règle en deux lignes de prompt côté Claude. C’est une question de réglage, pas de plafond de verre.
Test 3 — Le code : Claude, du premier coup, à ma charte
Là, retournement.
Je demande aux deux une petite application HTML : un outil de scoring de prospects. Vous entrez un nom de cabinet, un montant, une probabilité de signature, un délai, et l’outil vous dit sur qui investir votre journée. Rien d’extraordinaire — exactement le genre de micro-outil que je construis en live avec mes clients après un appel.
Claude sort l’application complète. Elle fonctionne du premier coup. Le classement s’alimente. Le cabinet ajouté apparaît. Et elle est aux couleurs de The French Bot, parce que je lui ai demandé.
Astra sort un résultat propre, un design plutôt réussi, mais sans ma charte graphique. Et surtout, l’ajout au classement ne fonctionne pas du premier coup.
Sur l’exécution immédiate et le respect de la consigne visuelle, Claude passe devant sans discussion.
Test 4 — La mémoire ajoutée en live : Astra reprend la main
Je pousse le curseur. Je demande, à la voix, d’ajouter une fonction mémoire : je veux retrouver mes prospects deux ou trois jours plus tard.
Astra ne se contente pas de livrer la version mise à jour. Il me propose de planifier une tâche pour revenir sur mes prospects dans trois jours.
J’adore.
Ce n’est pas de la performance de modèle, c’est du produit. Et sur le produit, l’interface, le confort de navigation, je trouve ChatGPT plus agréable. C’est subjectif, je l’assume. Mais c’est aussi ce qui fait qu’un outil est utilisé tous les jours ou abandonné au bout de trois semaines.
Test 5 — L’image : Claude ne joue pas
Autant le dire tout de suite : sur la génération d’images, il n’y a pas de match, parce qu’il n’y a pas d’adversaire.
ChatGPT crée des visuels d’une qualité qui n’a aucun équivalent côté Claude aujourd’hui. Mes miniatures YouTube, je les payais 50 dollars pièce. Aujourd’hui, elles sont incluses dans mon abonnement à 20 dollars par mois.
La barrière du design a sauté. C’est tout.
Pour un agent immobilier, un commerçant, une agence, un créateur de contenu, ce seul point peut suffire à trancher le choix de l’outil.
Le vrai verdict : vous posez la mauvaise question
« Lequel est le meilleur ? »
C’est la question que je reçois cinq fois par semaine. Et c’est une question de consommateur, pas de dirigeant.
Le bon réflexe, c’est : le meilleur pour quoi, et pour quel métier ?
Après plus de 30 cabinets d’expertise comptable formés, mon classement est simple :
Expert-comptable, avocat, métiers du chiffre et du droit. Claude, sans hésiter. Analyse de bilans, lettres de mission, documents longs, respect strict des consignes, exécution propre du premier coup. C’est l’outil de ceux qui produisent du raisonnement écrit.
Agent immobilier, commerce, marketing, contenu. ChatGPT. La partie image écrase tout, les petits agents spécialisés se montent vite, l’interface se prend en main plus facilement par des équipes non techniques.
Besoin de vitesse au quotidien. Claude. Sur des dizaines d’allers-retours par jour, les secondes s’additionnent.
Besoin d’un outil qui vous accompagne, vous relance, vous organise. ChatGPT.
Et pour un cabinet de dix ou vingt personnes ? Les deux. Ça fait 40 dollars par mois. Au regard de deux heures gagnées par jour et par collaborateur, cette discussion budgétaire ne devrait durer que trois secondes.
Ce qu’il faut retenir
Trois choses, et ensuite vous fermez cet article et vous agissez.
1. Le modèle n’est plus le facteur limitant. Astra et Opus 5 sont tous les deux excellents. Ce qui bloque dans votre boîte, ce n’est pas la puissance de l’IA, c’est que personne n’a cartographié vos tâches ni formé vos équipes. On vous promet pas la Wi-Fi, on vous promet une bonne connexion.
2. Choisissez par métier, pas par hype. Testez les deux pendant un mois sur vos vrais dossiers. 40 dollars pour trancher une décision qui va structurer vos trois prochaines années : c’est le test le moins cher de votre vie d’entrepreneur.
3. Branchez vos outils. Gmail, Outlook, votre drive, vos dossiers clients. Un modèle déconnecté de vos données, c’est une Ferrari dans un garage. Les connecteurs se configurent en une matinée.
Il y a aujourd’hui deux types de professionnels. Ceux qui utilisent ces outils, gagnent du temps et du chiffre. Et ceux qui attendent que ça se tasse.
Le second groupe rétrécit chaque mois.
On en parle ?
Avant chaque formation, je fais un audit. On cartographie vos tâches réelles, on identifie les cas d’usage de votre métier, et on construit une formation sculptée là-dessus. Pas un catalogue générique — vos dossiers, vos process, vos outils.
Trente minutes avec moi, je vous pose un maximum de questions, vous repartez avec un plan d’action, que l’on travaille ensemble ou non.
Et si vous préférez commencer par lire : je décrypte ce genre d’actualité chaque semaine dans la newsletter. Du concret, rien d’autre.