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Microsoft Copilot IA en entreprise Test terrain Excel Productivité

Copilot m'a annoncé 36 ventes pour 3 vendeurs sur un total de 36 ventes. Personne ne vous en parle.

Test terrain de Microsoft Copilot sur Excel, PowerPoint, Word et Outlook. Deux bugs de calcul en cinq minutes et une leçon pour tous les outils IA en entreprise.

JL

Julian Luneau

J’ai testé Copilot, l’IA de Microsoft, sur quatre cas d’usage réels : Excel, PowerPoint, Word, Outlook. Le genre de test qu’on ne voit jamais dans les vidéos promo léchées de Microsoft.

Résultat : deux bugs de calcul en cinq minutes. Et une leçon qui vaut pour tous les outils IA que vous allez brancher sur votre boîte cette année.

Pourquoi je fais ce genre de test

Tout le monde vous vend l’IA sur des captures d’écran parfaites. Vous voyez jamais le moment où l’outil se plante. Vous voyez jamais le dirigeant qui a suivi la démo à la lettre et qui se retrouve avec un tableau faux dans son Excel de pilotage commercial.

Moi je forme des dizaines de TPE et PME chaque mois. Mon travail, c’est de tester avant de recommander. Donc j’ai pris Copilot, l’IA embarquée dans Excel, PowerPoint, Word et Outlook, et je l’ai mis face à quatre situations qu’un dirigeant croise vraiment : analyser des ventes, créer des slides, relire un contrat, répondre à un mail.

Pas de démo scénarisée. Du test brut.

Excel : le bug qui peut coûter cher

Premier cas : un fichier de ventes par formateur, avec trois collaborateurs, Sophie, Marc et Julie. Je demande à Copilote de créer un onglet avec la répartition des ventes par produit et par mois, puis un classement des meilleurs vendeurs.

Sur la forme, c’est propre. L’onglet est bien construit, la logique de répartition tient la route.

Sur le fond, il y a un loup.

Copilote annonce Marc, Sophie et Julie à 36 ventes chacun. Sauf que le total général affiché, lui aussi, est de 36 ventes. Trois personnes à 36 ventes ne peuvent pas faire un total de 36 ventes. C’est une évidence de CE1, mais l’IA ne l’a pas vue.

Sur un fichier fictif, ce loup, on rigole. Sur le vrai tableau de bord commercial d’une PME, ce genre d’erreur passe inaperçue et fausse une décision. Un dirigeant pressé qui valide sans vérifier finit par piloter sa boîte sur un chiffre faux.

C’est exactement le sujet. L’IA ne remplace pas votre œil. Elle accélère votre œil.

[IMAGE : capture d’écran du tableau Excel avec le bug de calcul Copilot — 36 ventes par vendeur pour un total de 36]

PowerPoint : correct, avec une bonne surprise

Deuxième test : je demande à Copilote de créer deux nouvelles slides en reprenant la charte graphique des deux premières, avec un message de bienvenue et un call-to-action vers mes dates de formation du 22 juillet et du 12 août.

Là, franchement, c’est du solide. L’outil respecte le style visuel, comprend le contexte, et surtout : il pose une question de clarification avant de produire.

J’apprécie ce réflexe. Une IA qui devine à votre place, c’est une IA qui va se tromper à votre place. Une IA qui demande une précision avant d’agir, c’est une IA qui vous fait gagner du temps sans vous faire perdre le contrôle.

[IMAGE : capture d’écran des slides générées par Copilot avec la charte graphique respectée]

Word : la relecture de contrat, le vrai point fort

Troisième test, celui qui m’a le plus surpris. Je donne à Copilote un contrat de mission de formation en intelligence artificielle et je lui demande de repérer les anomalies, en tenant compte du contexte : formateur IA, obligations légales françaises.

Là, l’IA fait le travail que beaucoup d’indépendants et de petites structures ne font jamais faute de temps ou de budget juridique.

Elle repère une incohérence de paiement où les pourcentages cumulés dépassent 100 %. Elle repère des phrases résiduelles du type “à la différence de votre modèle actuel”, des restes de rédaction comparative dangereux dans un contrat signé. Elle repère des commentaires internes encore présents dans le document final.

Trois failles réelles, sur un vrai contrat. Ça, c’est un cas d’usage qui a une vraie valeur ROI : une relecture contractuelle de ce niveau, en cabinet, ça se facture.

[IMAGE : capture d’écran de l’analyse Word avec les anomalies repérées par Copilot]

Outlook : la fausse bonne idée

Dernier test, le plus révélateur sur les limites actuelles. Je demande à Copilote de rédiger une réponse mail à un hôtel pour demander s’il y a le wifi, contrainte de travail de formateur oblige.

Le brouillon est bon. Le ton est correct.

Et non, il ne peut pas l’envoyer à ma place.

Copilote refuse d’agir directement sur la boîte mail, il faut copier-coller le brouillon soi-même. Une IA qui rédige mais qui n’agit pas, c’est une IA à moitié utile pour un dirigeant qui traite cinquante mails par jour. C’est une IA qui vous donne le “quoi dire” sans vous donner le “fait, c’est parti”.

Faites le calcul sur une année de mails.

Ce que ça change pour vous, concrètement

Copilote fonctionne. Mais il fonctionne comme un stagiaire brillant et pressé : rapide, structuré, capable de repérer des failles juridiques fines, et pourtant capable de sortir un total de ventes qui ne tient pas debout.

Trois leçons à retenir, sans langue de bois :

  • Toute sortie chiffrée d’une IA se vérifie. Pas par principe, par obligation. Un total, un classement, une moyenne : vous les recontrôlez avant de les présenter en comité de direction.
  • La relecture contractuelle est un cas d’usage IA sous-exploité. La plupart des indépendants et petites structures n’ont ni le temps ni le budget pour une relecture juridique systématique. L’IA comble ce trou, à condition de garder un humain qui valide.
  • L’automatisation de bout en bout n’est pas encore là partout. Rédiger un mail, oui. L’envoyer, pas encore. Savoir où s’arrête l’outil vous évite de fantasmer un gain de temps qui n’existe pas.

Et ce dernier point, c’est le cœur de ma philosophie depuis le premier jour : on automatise tout en gardant l’humain dans la boucle. Pas parce que c’est joli sur une plaquette. Parce que c’est la seule façon de ne pas se faire piéger par un outil qui a l’air fiable et qui, une fois sur quatre, ne l’est pas.

L’intelligence artificielle, c’est un code de triche. Mais un code de triche, ça se maîtrise, ça ne se subit pas.

Formez-vous à ces outils avant vos concurrents

Avec l’AI Act qui impose progressivement une obligation de formation des collaborateurs à l’IA, ce n’est plus une option de rester à côté du sujet. Un collaborateur qui gagne 1 à 2 heures par jour grâce à une IA bien utilisée, multipliez ça par dix collaborateurs, et vous voyez très vite ce que ça pèse sur l’année.

Deux dates pour vous former en profondeur sur ces cas d’usage, avec un audit possible pour cartographier ce qu’il faut mettre en place dans votre structure : 22 juillet et 12 août.

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