10 € sur la table. Carte bancaire renseignée. Compte Microsoft 365 flambant neuf. Trois applications ouvertes — Word, Excel, PowerPoint.
Et au bout de deux heures, Copilot refusait toujours de s’ouvrir.
Voilà le résumé honnête de mon test. Je voulais vous faire une démo propre de l’outil IA le plus déployé dans les entreprises françaises. À la place, je vous offre un constat qui dérange : l’IA que vos salariés sont censés utiliser tous les jours, moi, praticien à temps plein, je n’ai pas réussi à la faire fonctionner.
Aïe.
[IMAGE : capture d’écran de l’interface Microsoft 365 avec le bouton Copilot grisé ou inaccessible]
Pourquoi je suis allé fouiller sous le capot
Copilot, c’est partout. Votre cabinet comptable l’a. Votre client grand compte l’a. Le voisin de bureau qui résume ses mails l’a. Microsoft a une force de frappe que personne n’égale : la suite Office. Word, Excel, PowerPoint, Outlook, Teams. Des outils qu’on utilise depuis vingt ans et qu’on utilisera encore vingt ans.
Donc je voulais comprendre. Pas critiquer pour critiquer. Comprendre ce qu’il y a vraiment derrière ce petit cercle étoilé qui a colonisé vos rubans Office.
Premier réflexe : vérifier le moteur. Et là, première correction que je me dois de faire — y compris à moi-même, parce que je l’ai dit de travers dans ma vidéo.
Non, Copilot ne tourne pas sur Claude.
Copilot tourne sur les modèles d’OpenAI, la famille GPT-5, via Azure. Claude d’Anthropic n’intervient que depuis mars 2026, et seulement comme relecteur dans l’agent Researcher : GPT rédige, Claude vérifie. Deux cerveaux qui se surveillent. Microsoft appelle ça Critique et Council. L’idée est maligne, mais ça reste un rôle de second couteau pour Claude. Le moteur principal, c’est OpenAI.
Voilà pour la théorie. Passons à la pratique. C’est là que ça se gâte.
Le crash-test, étape par étape
J’ai commencé fort. Connexion d’Outlook : rapide, propre, impeccable. Trois mails non lus résumés en quelques secondes. Là, je me dis : OK, ça démarre fort, Copilot se déploie comme un char d’assaut.
Et puis j’ai voulu aller plus loin. Faire rédiger une réponse à un prospect dans Outlook. Connecter mon agenda. Le genre de tâche concrète qui justifie qu’on paye un abonnement.
Mur.
Je passe au plan payant — 10 € le mois pour Microsoft 365, ou 22 € pour la version premium protégée RGPD. Carte bancaire, paiement validé, bienvenue dans Microsoft 365. Je rafraîchis. Le bouton Copilot apparaît enfin dans le chat. Première victoire.
Et ensuite ? Je rentre dans Word. Pas de Copilot dans les compléments. Je rentre dans PowerPoint. Le bouton est là, mais il refuse de s’ouvrir. Bug. Je relance. Bug. Je relance encore. Toujours rien.
Pendant ce temps-là, vous savez quoi ? J’avais Claude installé dans la même suite Office, et lui répondait au quart de tour.
Bilan financier prévisionnel d’une boulangerie dans Excel : fait. Contrat de formation pour un cabinet d’experts-comptables dans Word : fait, sous mes yeux, pendant que je dictais. Présentation de bienvenue dans PowerPoint : en cours, propre, structurée.
Le concurrent de Microsoft tournait parfaitement dans l’environnement de Microsoft. L’outil maison, lui, faisait la tête.
[IMAGE : split-screen — d’un côté Claude qui génère un document, de l’autre l’icône Copilot bloquée]
Ce que cet échec raconte vraiment
Soyons raccord : je ne vais pas vous dire que Copilot est nul. Ce serait malhonnête. Microsoft fait un travail remarquable côté commercial — les captures d’écran d’aide étaient claires, bien fichues, ils savent vendre leur produit. Et sur un tenant d’entreprise bien configuré par un admin IT, Copilot fonctionne sans doute très bien.
Mais c’est exactement là le problème.
Copilot n’est pas un outil. C’est une infrastructure.
Il faut le bon plan, le bon tenant, la bonne configuration, le bon déploiement par l’IT. Pour une grosse boîte avec une DSI, c’est gérable. Pour une TPE, un indépendant, un courtier de Dijon qui veut juste résumer ses mails et générer une présentation ? C’est un parcours du combattant. J’ai payé, je suis connecté avec la bonne adresse, et je reste bloqué.
Faites le calcul. Si moi, qui forme des dizaines d’entreprises chaque mois, je galère deux heures pour ouvrir l’outil — combien de salariés à qui on a “déployé Copilot” l’utilisent réellement ? La licence est payée. Le bouton est là. Et personne ne s’en sert.
C’est le piège silencieux des grosses suites : la facture tombe, l’usage reste à zéro.
Ce qu’il faut retenir
Trois leçons pratico-pratiques, sans langue de bois.
Un. Payer une licence IA ne vaut rien sans adoption. Avant de signer pour Copilot sur toute votre équipe, demandez-vous qui va vraiment l’utiliser, et qui va l’accompagner. Un outil non utilisé est une dépense, pas un investissement.
Deux. Le bon outil, c’est celui qui démarre. La puissance théorique d’un modèle ne sert à rien si vos collaborateurs butent sur l’interface. Un outil qui répond au premier essai battra toujours un outil “plus intelligent” mais bloqué derrière trois couches de configuration.
Trois. Ne confondez pas marque et moteur. Copilot, ChatGPT, Claude — ce sont des emballages différents avec parfois les mêmes modèles dessous, parfois pas. Ce qui compte, ce n’est pas le logo. C’est ce que vous arrivez à en faire, dans votre vrai quotidien, avec vos vraies tâches.
Pour ma part, mon outil favori reste Claude. C’est lui qui a sauvé cette vidéo. C’est lui qui fait tourner le site de The French Bot, mes landing pages, mon blog en publication automatique. Pas par fanatisme — parce qu’il démarre, et qu’il fait le travail.
Je ne lâche pas Copilot pour autant. Je retenterai. Si vous avez la combine pour le débloquer dans Word, je prends — les commentaires sont là pour ça.
Mais aujourd’hui, le verdict est simple : j’ai mis 10 €, et c’est le concurrent qui a fait le boulot.
Brutal, mais instructif.
Le 22 juillet, et désormais aussi le 12 août, je forme sur Claude — l’outil qui m’a sauvé ce jour-là. On y crée des bilans financiers, des présentations, des sites. Du concret, pas de la démo qui plante. Si vous voulez arrêter de payer des licences que personne n’utilise et passer à l’IA qui produit vraiment, parlons-en : 30 minutes, sans langue de bois.
On automatise tout en gardant l’humain dans la boucle.