Trois sociétés à consolider. Une TVA à contrôler ligne par ligne. Et 300 pages de rapport annuel LVMH à décortiquer.
Un cabinet comptable classique, ça prend des jours. Avec Claude, j’ai fait les trois en une session. Devant caméra. Sans triche.
Aïe. Je sais que ça va en faire grincer des dents.
Le problème : la finance, c’est le dernier bastion “on a toujours fait comme ça”
Soyons honnêtes. Sur les métiers créatifs, le marketing, la rédaction — tout le monde a accepté que l’IA change la donne. Mais en finance et comptabilité ? On me sort encore le même refrain : “notre métier, c’est trop technique”, “il faut l’expertise humaine”, “les chiffres, ça ne se délègue pas à une machine”.
Je comprends la méfiance. La compta, c’est du réglementaire, du normatif, de la précision absolue. Une virgule mal placée et c’est le redressement fiscal.
Sauf que voilà : j’ai passé une session complète à tester Claude sur trois cas concrets que n’importe quel cabinet croise chaque mois. Consolidation de groupe. Contrôle TVA sur grand livre. Analyse de rapport annuel. Et le résultat m’a bluffé — moi qui forme des cabinets comptables depuis des mois.
Je vous raconte.
[IMAGE : capture d’écran de Claude analysant un fichier Excel de balance comptable]
Cas d’usage 1 : la consolidation de groupe en quelques minutes
Le contexte : un groupe avec plusieurs entités. Une société qui fait du conseil, une autre qui vend de la solution, et la société mère avec sa balance générale. Trois fichiers Excel, trois univers comptables différents à faire parler ensemble.
Je partage les trois documents à Claude. Le prompt est simple mais précis : “Tu es expert-comptable spécialisé en consolidation selon les normes comptables françaises. Analyse exclusivement les fichiers joints en appliquant le règlement ANC et le plan comptable général français.”
Je lui donne le contexte : la société consolidante détient 100 % d’une filiale et 80 % de l’autre. Clôture au 31 décembre 2025 pour les trois entités.
Résultat : un compte-rendu complet. Les trois balances vérifiées comme équilibrées. Un cumul brut à 49 500 €. Et surtout — c’est ça qui compte — Claude m’explique pourquoi il serait pertinent d’intégrer les filiales dans une entité consolidée unique. Pas de contrôle conjoint identifié, pas d’influence notable à signaler, Nova Group détient la majorité des droits de vote dans les deux filiales.
C’est pas juste un tableau de chiffres. C’est une analyse structurée avec un raisonnement dessus.
Et là, j’ai fait ce que je vous recommande à chaque fois : j’ai itéré. Je lui ai redemandé un artefact visuel, fond blanc, écriture bleu marine, pour rendre ça lisible à un dirigeant qui n’est pas à l’aise avec les chiffres. Résultat net consolidé à 390 000 €, part du groupe à 340 000 €, capitaux propres à 1 million — avec un graphique clair, pas un mur de tableaux Excel.
C’est énorme.
Cas d’usage 2 : la TVA passée au peigne fin, ligne par ligne
Deuxième test. Un grand livre comptable complet, format Excel. Objectif : détecter les incohérences de TVA sur toute la période couverte.
Le prompt : “Tu es expert-comptable. Analyse le grand livre afin d’effectuer un contrôle de cohérence de la TVA sur la période couverte par le fichier.” Contexte donné : TVA décaissée, crédit de TVA, les mécaniques classiques.
Ce qui m’a marqué, c’est la granularité. Claude ne se contente pas de regarder le total en bas du tableau. Il va chercher chaque ligne comptable, une par une, sur un fichier qui contient plusieurs centaines de lignes.
Résultat : une synthèse générale avec ce qui est comptabilisé, les redressements probables, les anomalies certaines versus les anomalies probables. Une répartition par taux — 20 %, 10 %, 5,5 %. Et une liste détaillée des anomalies détectées, prêtes à être vérifiées.
On parle d’un fichier qui aurait pris une bonne partie de la journée à un collaborateur junior. Là, c’est traité en quelques minutes.
Vous savez quoi ? C’est exactement ce genre de tâche qui devient une skill réutilisable. Une fois que le procédé est validé, on ne le refait pas à la main la fois d’après. On le fige, on le forme aux équipes, et il tourne. C’est ce que je fais avec les cabinets que j’accompagne : audit du process existant, identification de la recette qui marche, puis formation de toute l’équipe sur cette recette.
Cas d’usage 3 : 300 pages de rapport annuel LVMH décortiquées
Le troisième test, c’est celui qui frappe le plus l’imaginaire. Le rapport annuel 2025 de LVMH. Plus de 300 pages. Format PDF.
Prompt : “Tu es analyste financier senior. Tu vas analyser des groupes internationaux cotés.” Puis les consignes précises : présenter LVMH en cinq lignes, extraire les chiffres financiers de 2025, comparer 2025 à 2024 en valeur et en pourcentage, analyser les performances par branche d’activité (mode et maroquinerie, vins et spiritueux, joaillerie et horlogerie, distribution sélective).
Résumé exécutif produit par Claude : LVMH encaisse un coup en 2025. Recul de 5 % en publié. Résultat opérationnel courant à 17,8 milliards d’euros. Marge à 22 % contre 23 % en 2024.
Et surtout, cinq points de vigilance pour 2026, identifiés directement dans le rapport : le redressement attendu du cognac après une année compliquée sur vins et spiritueux, l’accord avec un groupe touristique signé en janvier 2026, la reprise du CapEx comme signal de confiance dans le cycle, l’effet du nouveau directeur artistique chez Dior sur les ventes mode et maroquinerie, et la trajectoire du dollar face à l’euro — un effet de change déjà de 3 % en 2025.
Bon Dieu. On parle d’un travail d’analyste qui prend habituellement des heures à extraire manuellement des tableaux dispersés dans un PDF de 300 pages. Là, c’est structuré, comparé, contextualisé, en quelques minutes.
Ce que personne ne vous dit sur cette fenêtre de contexte
Parlons technique deux secondes, parce que c’est ça le vrai game changer. On parle ici de fenêtres de contexte de l’ordre du million, voire deux millions de tokens. Concrètement, ça veut dire que l’outil peut ingérer l’équivalent de plusieurs fois la Bible en une seule conversation.
C’est pour ça qu’on peut lui balancer un grand livre de centaines de lignes ou un rapport de 300 pages sans qu’il “oublie” le début en traitant la fin. Il y a encore un an, c’était juste impossible techniquement. Aujourd’hui c’est la norme.
Et ça change la nature du métier. On ne parle plus d’un outil qui fait une tâche isolée. On parle d’un assistant qui s’intègre directement dans Outlook, dans Excel, dans Word — et qui peut se connecter à vos outils métier. Pennylane, par exemple, a sorti son connecteur MCP récemment. Concrètement, ça veut dire qu’avec une centaine de clients dans votre portefeuille, vous pouvez demander à Claude de vérifier que chaque dirigeant a bien une lettre de mission en face de son nom. Ce qui se faisait à la main, ligne par ligne dans un tableur, se fait maintenant en une requête.
Le vrai enjeu, ce n’est pas l’outil
Voilà où je veux en venir, et c’est là que je vous arrête si vous pensez que je vends juste du rêve technologique : cet outil supprime la barrière technique. Plus aucune excuse du genre “je ne sais pas faire”.
La seule barrière qui reste, c’est votre capacité à vous projeter et l’expertise métier que vous avez accumulée. Un outil comme Claude ne remplace pas quinze ans de terrain en cabinet comptable. Il démultiplie ce que vous savez déjà faire.
Permettez-moi de rire quand j’entends encore des cabinets dire qu’ils “réfléchissent” à l’IA en 2026. Il y a aujourd’hui des acteurs dans vos métiers — comptabilité, gestion de patrimoine, courtage, immobilier — qui utilisent déjà ces outils au quotidien. Et qui prennent des parts de marché pendant que d’autres tergiversent.
Ce qu’il faut retenir
Trois choses concrètes à emporter :
Un. Testez sur vos propres fichiers, pas sur des démos préparées. Balance générale, grand livre, rapport annuel — donnez-lui un contexte métier précis et un rôle clair dans le prompt. C’est là que la magie opère, pas dans la promesse marketing.
Deux. Une fois qu’un procédé fonctionne, transformez-le en process répétable. C’est le principe de la skill : on fige la recette qui marche, on la partage à l’équipe. On ne réinvente pas la roue à chaque dossier.
Trois. Septembre approche et c’est traditionnellement le mois où les cabinets et entreprises reprennent leurs sujets de formation. Si vous voulez placer vos équipes avant la nouvelle période fiscale, c’est maintenant qu’il faut s’organiser — pas en octobre quand tout le monde s’y met en même temps.
On automatise tout en gardant l’humain dans la boucle. Ce n’est pas un outil qui décide à votre place. C’est un outil qui vous fait gagner le temps que vous passiez à chercher l’anomalie plutôt qu’à la traiter.
Si vous voulez qu’on regarde ensemble ce que ça donne sur vos propres dossiers — consolidation, TVA, analyse financière — 30 minutes, sans langue de bois, on en parle sur Calendly.
Nos prochaines sessions de formation Claude sont le 12 août et le 9 septembre 2026. Les places partent vite sur cette période.