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ChatGPT Claude Skills Automatisation TPE-PME

ChatGPT vient de copier Claude. Encore. Et ça ne change rien pour vous.

OpenAI lance les Skills dans ChatGPT — une copie de Claude. Ce qui compte vraiment pour un dirigeant de TPE-PME, ce n'est pas l'outil, c'est votre rigueur à documenter vos process.

JL

Julian Luneau

OpenAI vient de lancer les “Skills” dans ChatGPT. Vous savez, cette fonctionnalité que Claude propose depuis des mois. Avant ça, c’était l’onglet Cowork qui a débarqué dans ChatGPT — copie quasi conforme de Cowork chez Claude.

Et non, je ne vais pas vous faire l’article “OpenAI regarde dans le rétroviseur, quelle honte”. Vous l’avez déjà lu dix fois sur LinkedIn. Ce qui m’intéresse, c’est ce que ça change concrètement pour vous, dirigeant de TPE ou de PME, qui n’avez ni le temps ni l’envie de suivre la guerre des égos entre Sam Altman et Dario Amodei.

Spoiler : presque rien. Et c’est justement ça, le vrai sujet.

[IMAGE : capture d’écran du menu “Skills” dans ChatGPT à côté de l’interface skills de Claude]

Une skill, c’est quoi concrètement

Oubliez le jargon. Une skill, c’est une recette de cuisine.

Claude — ou ChatGPT maintenant — est une intelligence artificielle généraliste. Puissante, mais généraliste. Quand vous lui donnez une skill, vous lui donnez un mode d’emploi précis : “voici comment je génère un devis”, “voici comment je rédige un récap de session”, “voici comment je réponds à un mail de prospect immobilier”. Vous lui donnez la recette une fois, en détail, étape par étape.

Ensuite, vous envoyez deux mots. Il exécute la recette. Sans que vous ayez à réexpliquer votre processus à chaque fois.

Je le fais depuis des mois avec mes clients en formation. Fin de session, je lance ma skill “récap”, et j’envoie un PDF structuré à la personne que j’accompagne — charte graphique comprise, structure identique à chaque fois. Elle peut s’y référer trois semaines plus tard : “Julian, tu m’avais conseillé quel outil déjà ?” Direction le PDF. C’est écrit.

Ça, ce n’est pas de la magie. C’est de la discipline transformée en outil.

OpenAI suit Claude à la trace. Et alors ?

Soyons clairs sur un point : ce n’est pas la première fois. L’onglet Cowork de ChatGPT, la structure des menus, maintenant les skills — OpenAI observe ce qui fonctionne chez Claude et le réplique. C’est de la bonne gestion de produit, pas un scandale.

Le problème n’est pas là. Le problème, c’est que la moitié des dirigeants qui vont découvrir cette fonctionnalité cette semaine vont se ruer dessus en pensant que l’outil va faire le travail à leur place.

Faites le calcul : une skill n’est utile que si le processus qu’elle automatise existe déjà, clairement, dans votre tête. Si vous ne savez pas expliquer en cinq étapes précises comment vous répondez à un client, aucune intelligence artificielle — Claude, ChatGPT, ou celle qui sortira dans six mois — ne pourra le faire à votre place de façon fiable.

Aïe. Je sais, ça pique. Mais c’est la réalité du terrain, celle que je vois chaque semaine en formation.

[IMAGE : schéma simple “process documenté → skill fiable” vs “process flou → skill bancale”]

Le vrai problème, ce n’est pas l’outil. C’est vous.

Je forme des dizaines de professionnels chaque mois — comptables, avocats, agents immobiliers, courtiers, RH. Et le blocage n’est presque jamais technique. C’est humain.

Les entreprises qui tirent une vraie valeur des skills sont celles qui ont déjà une méthode. Un agent immobilier qui répond toujours de la même manière structurée à un mail de mise en vente, avec les mêmes points de vigilance sur les estimations incomplètes — lui, il peut transformer ça en skill en vingt minutes. Il connaît sa recette par cœur.

À l’inverse, celui qui improvise à chaque mail, qui change de méthode selon son humeur du jour, n’a rien à donner à la machine. Vous ne pouvez pas automatiser le chaos. Vous ne faites que le reproduire plus vite.

Brutal, mais libérateur : créer une skill vous oblige à formaliser votre propre expertise. C’est souvent le vrai exercice — pas la technique.

Comment faire, concrètement

Voilà la marche à suivre, sans blabla :

  1. Identifiez une tâche répétitive que vous faites au moins une fois par semaine, toujours de la même façon dans les grandes lignes (réponse type, récap, plan de semaine, relance client).
  2. Décrivez-la étape par étape, comme si vous formiez un stagiaire un peu lent. Quelles infos vous cherchez d’abord ? Quel ton ? Quel format de sortie ?
  3. Utilisez l’outil de création (Skill Creator sur ChatGPT, ou une simple conversation structurée sur Claude) pour transformer cette description en instructions exploitables.
  4. Testez sur trois cas réels. Pas un. Trois. Vous verrez immédiatement où la recette coince.
  5. Connectez vos outils — Gmail, Google Calendar, Outlook — pour que la skill agisse avec le contexte réel de votre activité, pas dans le vide.

Un agent immobilier peut, par exemple, demander à l’IA de vérifier son calendrier avant de rédiger une réponse de visite, pour ne proposer que des créneaux réellement disponibles. Ce n’est plus une réponse générique. C’est un brouillon prêt à envoyer, ancré dans votre réalité du jour.

C’est ce genre de configuration qu’on installe avec mes clients en formation — outils connectés, automatisations calibrées sur leur métier, traitement des mails entrants. Pas de la théorie de conférence. Du concret qui tourne le lundi matin.

Ce qu’il faut retenir

Peu importe que ce soit Claude ou ChatGPT qui porte la fonctionnalité. Peu importe qui a copié qui. Ce qui compte, c’est votre rigueur à documenter ce que vous faites déjà bien.

Je le dis souvent en formation : il y a deux types de professionnels. Celui qui utilise l’intelligence artificielle pour gagner des parts de marché, vendre plus, gagner du temps, et le passer avec sa famille. Et celui qui reste à la marge, qui regarde passer le train en se disant que “ça finira par se calmer”.

Ça ne va pas se calmer.

C’est tout.

Si vous voulez transformer vos vrais processus en skills qui tournent — pas des gadgets qu’on abandonne au bout d’une semaine — parlons-en. 30 minutes, sans langue de bois, pour voir où vous en êtes réellement : prendre rendez-vous.

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